top of page

2024... 2025!...

Dernière mise à jour : 12 janv.

Janvier 2025. Voilà comme tous les ans nous passons le cap d'une année pour entrer dans une nouvelle année... avec le rituel des vœux. L'année dernière déjà, je m'interrogeais sur la nécessité, sur la pertinence de sacrifier au rituel. Je consultais alors les philosophes, stoïciens en particulier, d'hier à aujourd'hui, jusqu'à tester la nouvelle sagesse de l'intelligence artificielle : qu'en pensait - si tant est que cela soit de la pensée... - ChatGPT ?

Ai-je avancé dans une réponse ? Sans doute pas beaucoup, car l'idée me vient là que tant qu'à sacrifier à ce rituel, c'est encore par un pas de côté que je le ferais ; et peut-être en commençant par renvoyer à cet article "Quels voeux pour 2024 ?" qui vaut encore pour 2025... 2024... 2025 !...




Cette année, j'ai démarré mes séances de méditation, en présentiel et en ligne avec Reliances sopho-méditatives, en racontant une histoire extraite des contes de sagesse du Tibet :


"méditation sans espoir"

Voilà un titre peu encourageant... Comment peut-on le comprendre ? C'était bien là l'intention de cette pratique un peu décalée par rapport à l'habitude. Cette ouverture méditative, pouvant peut-être aussi permettre de tenir sur les deux pieds, oriental et occidental du sens du mot "méditation". Comme un écho aussi aux réflexions de Fabrice Midal dans son petit livre "comment la philosophie peut nous sauver", où à propos des méditations cartésiennes et du cogito, du « je pense-je suis » ; il cherche à nous accompagner au-delà d'une lecture réductrice de Descartes, pour comprendre comment :

« que j'observe, me souvienne, agissent ou non, toujours et d'emblée je suis présent en tant que "je" auprès des choses sans qu'aucune analyse soit nécessaire pour le prouver ».

Ainsi, ne peut-on réduire le "cogito" au moi de la psychologie. Là est alors la dimension méditative du cogito, des méditations (réflexions) cartésiennes, leur dimension phénoménologique au sens de Husserl.


Là, la conscience du "je" peut rejoindre celle de l'interrogation de Ramana Maharshi sur le "je-je" (voir article : "Je - Ego Sum ? L'Etre Soi")


Mais en quoi la méditation peut-elle être, doit être "sans espoir" ? Écoutons l'histoire ou plutôt lisons là ici :



Si vous avez bien lu, les vers de Tilopa qui concluent l'histoire du vieux nomade qui cherchait l'illumination, résonnent encore sans doute :


Souveraine est la vision transcendant la dualité, 
Souveraine est la méditation libre de distraction,
Souveraine l’action du non agir.
Quand il n’est plus ni peur ni espoir, le fruit est réalisé.

Tilopa (988 – 1069), maître indien de la tradition bouddhiste


Voilà qui résonne avec cette locution latine chère aux stoïciens que je rappelais déjà dans mes vœux 2024: "Nec spe, nec metu" (ni espoir ni peur).


Voilà qui donne la clé de la méditation sans espoir , c'est à dire "sans attente" , comme une voie de traversée, de dépassement de l'espérance et de la crainte.


Cheminer vers l'arc-en-ciel qui transcende la pluie dans la lumière du soleil, avec l'objectif vain de l'atteindre, occulte la vérité qu'il est en nous. Juste une orientation du regard. Voir en dedans.


Ainsi la pratique nous permet-elle de dépasser tout espoir de "bien-être", de calme et de tranquillité, dans l'expérience même d'être là, juste là, présent à soi-même, ou plus exactement à la vie en soi.


"S'asseoir. S"ancrer dans la posture, l'assise. Être là, juste là. Il n'y a rien à atteindre, rien à attendre. Tout est là, présent, dans l'éternité de l'instant, dans l'  infini d'être"

Là est le "Souverain Bien" tel que l'entend Spinoza au tout début de "sa réforme de l'entendement", en lieu et place des faux biens qui brillent à nos yeux, à nos vies illusionnées - la richesse, les honneurs et les plaisirs :


"le souverain bien étant d’arriver à jouir, avec d’autres individus s’il se peut, de cette nature supérieure. Quelle est donc cette nature ? Nous l’exposerons en son temps et montrerons qu’elle est la connaissance de l’union qu’a l’âme pensante avec la nature entière. Telle est donc la fin à laquelle je tends : acquérir cette nature supérieure et faire de mon mieux pour que beaucoup l’acquièrent avec moi ; car c’est encore une partie de ma félicité de travailler à ce que beaucoup connaissent clairement ce qui est clair pour moi, de façon que leur entendement et leur désir s’accordent pleinement avec mon propre entendement et mon propre désir."

C'est le chemin aussi de l'Ethique de Spinoza. Au terme de la 5e partie - "De la puissance de l'entendement ou de la liberté de l'homme" - Spinoza conclut avec sa 42eme et dernière proposition :


Proposition 42
La béatitude n'est pas le prix de la vertu, c'est la vertu elle-même, et ce n'est point parce que nous contenons nos désirs charnels que nous la possédons, c'est parce que nous la possédons que nous sommes capables de contenir nos désirs charnels.

par cette longue scolie :


"J'ai épuisé tout ce que je m'étais proposé d'expliquer touchant la puissance de l'âme sur ses affects et la liberté de l'homme. Les principes que j'ai établis font voir clairement l'excellence du sage et sa supériorité sur l'ignorant qui est uniquement conduit par ses désirs charnels. Celui-ci, outre qu'il est agité en mille sens divers par les causes extérieures, et ne possède jamais la véritable paix de l'âme, vit dans l'oubli de soi-même, et de Dieu, et de toutes choses ; et pour lui, cesser de pâtir, c'est cesser d'être. Au contraire, l'âme du sage peut à peine être troublée. Possédant par une sorte de nécessité éternelle la conscience de soi-même et de Dieu et des choses, jamais il ne cesse d'être ; et la véritable paix de l'âme, il la possède pour toujours. La voie que j'ai montrée pour atteindre jusque-là paraîtra pénible sans doute, mais il suffit qu'il ne soit pas impossible de la trouver. Et certes, j'avoue qu'un but si rarement atteint doit être bien difficile à poursuivre ; car autrement, comment se pourrait-il faire, si le salut était si près de nous, s'il pouvait être atteint sans un grand labeur, qu'il fût ainsi négligé de tout le monde ? Mais tout ce qui est beau est aussi difficile que rare."

Le chemin est ardu. Il est possible. Il est notre essence, notre Liberté dans la nécessité, c'est-à-dire la connaissance intuitive de l'Eternité de notre nécessité d'Etre, et de notre puissance d'agir par la Joie-Béatitude. 2025 Ainsi soit-il !


Puissions-nous face à notre Destin, trouver une voie d'équilibre et de sérénité dans la bienveillance, telle que je la propose en ce 18 janvier avec cette "journée silence et bienveillance".

Comments


Inscrivez-vous à notre liste de diffusion

Ne manquez aucune actualité

Nous suivre

  • Facebook - White Circle
  • Instagram - White Circle
  • Twitter - White Circle

​© 2018 adapté par Thierry Raffin. Créé avec Wix.com

bottom of page